Le Kurdistan Rojhelat

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Christine Vincent

Christine Vincent


Le Kurdistan iranien, appelé le  et berceau historique des Mèdes de l’Antiquité (ancêtres des Kurdes) est la partie orientale du Kurdistan, (la plus grande nation sans État). Il a des frontières avec l’Irak et la Turquie et inclut le Kordestan, les provinces d’Azerbaïdjan occidental, du Kermanshah et d’Ilam.  Sa population est estimée à environ 10 millions, soit 13% de la population totale en Iran. L’État chiite reconnaît la langue et la culture kurdes, mais pas d’autonomie politique, ni administrative.

Le traité de Sèvres, signé en 1920, promettait un territoire kurde, promesse non tenue et balayée par le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923.

Mahabad est une ville de la province d’Azerbaïdjan occidental, en Iran. En 1946, elle fut la capitale de l’éphémère État kurde, la République de Mahabad, proclamée le 22 janvier 1946 par Qazi Muhammad (1893-1947) et qui a vécu 14 mois. C’est en 1945 que Qazi Muhammad fonda le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI). Ce leader nationaliste a été jugé par une Cour militaire iranienne et pendu le 31 mars 1947.

Le nationalisme kurde reste tenace. L’opposition kurde du pays, majoritairement exilée en Irak et en Europe, est plus ou moins active, militairement et politiquement. Il existe trois principaux groupes politiques : le parti communiste (Komala), le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) …

Le peuple kurde est passé de l’oppression du Shah d’Iran à celle des Ayatollah. Les persécutions continuent avec de nombreuses pendaisons.

Voici l’exemple de Farzad Kamangar, un Kurde de 32 ans, enseignant et militant des droits de l’homme. Il n’existait aucune preuve permettant de justifier l’accusation de terrorisme lancée à son encontre. Un seul juge avait examiné l’affaire en cinq minutes et l’accusé, torturé et n’ayant pu obtenir de soins médicaux, n’a pas été autorisé à s’exprimer. Il fut exécuté le 9 mai 2010.

 

Abdul Rahman Ghassemlou n’avait pas quinze ans quand il rejoignit les rangs du Parti Démocratique du Kurdistan d’Iran, dont deviendra le secrétaire général en 1973, rentré depuis peu de son exil en Europe. Au cours de pourparlers de paix, à Vienne, il a été assassiné par les services secrets iraniens, le 13 juillet 1989, vers 19h30, abattu par trois balles tirées à très courte distance. Il a été enterré le 20 juillet 1989 au cimetière du Père Lachaise, à Paris.  Son message politique est resté actuel, les idéaux qui ont guidé son combat pour l’émancipation du peuple kurde, pour un Iran démocratique et laïc, respectueux de sa diversité politique, culturelle et linguistique, gardent toute leur actualité au Kurdistan, en Iran.

Les Kurdes combattent le régime en place depuis plusieurs décennies, plus précisément depuis la révolution islamique de 1979. Face à l’inaction du gouvernement du président Hassan Rohani concernant leurs droits et revendications politiques, identitaires et culturelles, les partis politiques kurdes iraniens sont, de manière générale, favorables à un dialogue avec le régime iranien. Mais ils échouent pour l’instant à atteindre une sorte de compromis, qui leur permettrait d’entamer un dialogue constructif avec Téhéran.

Leur lutte est moins médiatisée que celle de leurs voisins en Syrie, Irak et Turquie. Cependant, les Kurdes iraniens combattent sur le front, en Syrie et en Irak, contre l’État islamique. Des manifestants réagissent, comme par exemple, du 8 au 11 mai 2015 dans la ville de Mahabad, lorsqu’une jeune kurde iranienne, Farinaz Khosravani, s’est tuée en sautant du quatrième étage d’un hôtel, en ayant tenté d’échapper à un militaire iranien.

 

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