Après 35 ans d’interdiction, des cinémas vont ouvrir en Arabie saoudite

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Saudis attend the "Short Film Competition 2" festival on October 20, 2017, at King Fahad Culture Center in Riyadh. The rare movie night this week in Riyadh was a precursor to what is expected to be a formal lifting of the kingdom's ban on cinemas, long vilified as vulgar and sinful by religious hardliners. / AFP PHOTO / FAYEZ NURELDINE

Le royaume wahhabite a annoncé ce lundi qu’il allait autoriser l’ouverture de salles de cinéma dans le pays en début d’année 2018. Les premières salles devraient ouvrir leurs portes au mois de mars, et d’ici 2030 l’Arabie saoudite devrait compter plus de 300 cinémas.

Quelques semaines après avoir autorisé les femmes à conduire, la très conservatrice Arabie saoudite prépare une deuxième révolution: dès le début de l’année 2018, des salles de cinéma vont être ouvertes dans le royaume.

Depuis plus de 35 ans, une interdiction visant ces lieux de divertissement était en vigueur dans le pays . Elle vient d’être levée, a annoncé lundi le ministère de la Culture. Les cinémas avaient été interdits dans les années 1980 sous la pression des religieux alors que la société saoudienne s’orientait vers une application restrictive de l’islam refusant le divertissement et la réunion d’hommes et de femmes dans un même lieu public. Les autorités vont délivrer dès à présent les permis d’exploitation, selon la même source.

«C’est un moment clé dans le développement de l’économie culturelle dans le pays», a déclaré le ministre de la Culture Awad al-Awad dans le communiqué. «Ouvrir des cinémas va agir comme un catalyseur sur la croissance économique et la diversification», a-t-il ajouté.

Dans le cadre d’un ambitieux plan de réformes économiques et sociales soutenu par le prince héritier Mohammed ben Salmane, le gouvernement tente de promouvoir des formes de divertissement –concerts, spectacles, cinémas- dans le royaume malgré l’opposition des milieux ultraconservateurs.

30.000 emplois d’ici 2030

Les premières salles devraient ouvrir leurs portes au mois de mars, et d’ici 2030 l’Arabie saoudite devrait compter plus de 300 cinémas avec quelque 2000 écrans, précise un communiqué du gouvernement.

Selon les estimations officielles, l’industrie cinématographique devrait apporter environ 90 milliards de rials (24 milliards de dollars) à l’économie saoudienne et créer 30.000 emplois d’ici 2030. Une commission présidée par Alawwad précisera le détail des agréments et des règlements pour les exploitants de salles et pour la diffusion des oeuvres dans les prochaines semaines.

Contrairement à ses prédécesseurs, «MBS» entend miser sur la jeunesse et les femmes – 70% des Saoudiens ont moins de 30 ans – et mettre au pas les traditions ultraconservatrices du royaume. Un royaume qui, pendant des décennies, n’avait rien à offrir à ses jeunes: pas de concerts ni de salles de cinéma, très peu de divertissements d’aucune sorte, pas de restaurants mixtes, etc.

Mais ces changements ne plaisent pas à tout le monde. En janvier, le mufti d’Arabie saoudite s’était insurgé contre la possible ouverture de salles de cinéma, affirmant qu’elles seraient sources de «dépravation» car elles favorisent la mixité.

Même si les salles étaient interdites, le cinéma saoudien commence à être reconnu internationalement. La comédie romantique Barakah Meets Barakah de Mahmoud Sabbagh a ainsi été projetée à la Berlinale tandis que Wadjda de Haifaa Al-Mansour a été en 2013 le premier film du royaume à participer aux Oscars du meilleur film étranger.

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